Rebuffade anti-US de Yaoundé! (Zoom Afrique)

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Il paraît que les USA ne laisseront le Cameroun stabiliser ses deux régions anglophones, tant que Washington n’aura pas un contrôle total de cette partie du pays.

Zoom Afrique du 2 août 2020

SOURCE : PRESS TV FRANÇAIS

L’actualité en Afrique :

  • Burundi : le président pose la première pierre pour la construction d’un centre pour jeunes
  • Mali : pour l’Aïd, l’imam Dicko appelle à « chasser les démons de la division » 
  • Gabon : un concours national des talents numériques le 11 août prochain

Les analyses de la rédaction :

Cameroun : Tibor Nagy menace le Cameroun ?

Au Cameroun, les ingérences américaines continuent, le Sous-Secrétaire d’État américain aux affaires africaines affirme avec une certitude troublante que la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest va échouer. Ce mercredi 29 juillet 2020, Tibor Nagy est auditionné devant le Congrès américain, sur la situation de la crise anglophone. Notamment, sur le plan de reconstruction de ces deux régions lancé par le gouvernement camerounais. Il critique ouvertement la volonté de Yaoundé de reconstruire ces deux régions alors que, selon Tibor Nagy, les affrontements se multiplient sur le terrain.

Il continue que « le gouvernement camerounais parle d’un programme de reconstruction pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, mais malheureusement il n’y a pas de possibilité de le mettre en œuvre. Et puis, le gouvernement camerounais semble oublier que le désir numéro un des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, c’est d’avoir à dire dans la gestion de leurs propres affaires », affirme le diplomate au Congrès américain.­­­

Le Sous-Secrétaire ­­américain chargé des affaires africaines estime par ailleurs que les habitants des régions anglophones du Cameroun veulent participer à la gestion de leurs ressources. « C’est une chose de parler de développement, mais au cœur de celui-ci se trouve le désir profond des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, d’avoir un contrôle de leurs propres vies, et tant que le gouvernement du Cameroun ne le comprend pas, tous ces programmes viendront et aucun d’eux n’aura du succès », conclut Tibor Nagy.

Une menace directe à l’encontre du gouvernement Yaoundé qui préserve la souveraineté du Cameroun.

En se penchant sur les propos de Tibor Nagy, il serait clair que les États-Unis ne laisseront pas le Cameroun stabiliser ces deux régions anglophones tant que Washington n’aura pas un contrôle total de cette partie du Cameroun.

Cela étant dit, ceux qui participent à la déstabilisation de la région anglophone du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont une minorité qui essaye de mettre en place la politique de démembrement du Cameroun. De ce fait, il est important de rappeler qu’il n’y a pas de conflit entre les Camerounais, que ce soit dans la partie anglophone, francophone ou germanophone comme essaye de le prétendre Tibor Nagy.

 

G5 Sahel : il serait temps que Barkhane parte

Comme il a souvent été évoqué dans le Zoom Afrique, la présence de l’armée française au Sahel est de trop. Effectivement, depuis 2013, cette présence, inutile aux yeux de la population du Sahel, perdure sous la bannière de la fameuse « lutte contre le terrorisme » qui semble être la principale raison. Cela dit, la situation ne s’améliore guère et plus encore, elle s’empire. Par contre, pour la France, cette situation semble profitable. Sécurisation de l’uranium nigérien au profit des multinationales, les tentatives de découpage du territoire malien et même burkinabé afin d’assurer un meilleur contrôle dans la région. Cette présence militaire française, plus communément appelée la force Barkhane, fait face à une résistance de la part de la population sahélienne à laquelle elle ne s’y attendait pas. Ce bourbier est maintenant difficile à gérer. D’un côté, quitter le Sahel dans ces conditions, c’est avouer 7 ans de guerre « pour rien » et de l’autre côté, y rester continuerait d’augmenter la résistance au sein de la population sahélienne. Cette résistance continue de faire face au Mirage 2000, aux drones MQ-9 Reaper, près de 5000 militaires français, avec une union hors du commun, car cette présence impérialiste continue de nuire non seulement au Sahel, mais aussi à l’Afrique.

Depuis les indépendances, la France a voulu conserver son influence en Afrique. Fondamentalement, l’armée française est calibrée moins pour la « défense », que pour être « projetée » sur des théâtres lointains, au gré des intérêts de l’État et du capitalisme national. En mars 2020, selon les chiffres de l’état-major, 41 % des effectifs déployés l’étaient à l’étranger. C’est une armée d’« opérations extérieures », c’est-à-dire une armée impérialiste.

La France se prévaut d’être une « puissance invitée » au Sahel par des gouvernements amis qui l’aurait appelée à l’aide. Cette rhétorique masque mal sa motivation impérialiste. D’une part, il lui faut sécuriser ses approvisionnements en uranium nigérien. D’autre part, il lui faut confirmer qu’elle est une tutrice fiable, avec laquelle il faut compter. C’est une clé déterminante pour conserver, face à la concurrence états-unienne, des concessions et des marchés publics en Afrique.

Pourtant, l’État français, qui prétend rétablir l’ordre au Sahel a une responsabilité importante dans la situation actuelle. En 2011, il ne pouvait ignorer – puisque c’était la grande crainte du Tchad, du Niger, du Mali ou de l’Algérie – que la destruction de la Libye du colonel Kadhafi risquait d’entraîner des déstabilisations dans toute une partie de l’Afrique.

Au Sahel, l’État français se présente donc en sauveur, mais la réalité est qu’il ne sauve pas la population et ne réduit pas la violence. Il ne sauve que les mines d’uranium et son statut d’État suzerain vis-à-vis de gouvernements vassalisés. Sa présence armée enferme l’Afrique de l’Ouest dans la dépendance, éloigne la paix et prolonge et aggrave une guerre sans fin.

 

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